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05/10/2007

Tout travail mérite salaire

« Tout travail mérite salaire » est une expression que l’on entend souvent. Mais qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Pour ma part, il y a « belle lurette » que j’ai compris que le travail que j’ai fourni n’était pas payé à sa juste valeur (sonnante et trébuchante). En effet, je suis Docteur en droit, j’ai donc suivi un cursus universitaire assez long (plus de 10 ans après le bac). Et, en plus de la rédaction de ma thèse (deux gros tomes résultats de recherches approfondies), j’ai enseigné à l’université (avec tout ce que cela implique : correction de copies, oraux…), je suis intervenue à plusieurs reprises dans des conférences, j’ai écrit des articles dans des revues universitaires, j’ai participé à la mise en place d’une exposition, j’ai fait des recherches pour mes pairs (des professeurs éminents)… Pour tenir ce rythme, en parallèle, je me suis intéressée au développement personnel et au bien-être dans le but de gérer mon stress et de garder ma motivation intacte.
Je crois que c’est tout !

Hé bien, durant ces 7 années, j’ai été payée deux ans comme chargée de Travaux Dirigées (paiement très irrégulier et peu important surtout) et ensuite, j’ai été deux ans ATER à mi-temps (salaire régulier, plus conséquent mais loin d’être pharaonique).
Donc, est-ce que vous jugez que, après cette énumération, l’expression « tout travail mérite salaire », s’applique à moi ?
Personnellement, je n’en suis pas persuadée. Car, si j’avais dû être payée en proportion du travail que j’ai fourni, je crois que mon salaire mensuel aurait été plutôt élevé ! Mais est-ce pour autant que je me plains de ma situation ? Hé bien, contrairement à ce que vous pensez, non !

En effet, à partir du moment où je me suis engagée dans ce cursus universitaire, je savais que j’allais travailler énormément sans avoir une réelle contrepartie financière. Et ce n’est pas cela qui m’importait d’ailleurs. Je ne regrette nullement le travail que j’ai eu à fournir durant toutes ces années : je me suis construite, j’ai appris énormément, j’ai rencontré un tas de personnes très intéressantes, j’ai enseigné, j’ai appris à écrire, je me suis instruite, etc. Tout cela n’a pas été du temps perdu, bien au contraire !
Bref, quand y regarde de plus près, il me semble que, finalement, j’ai été payée en retour du travail que j’ai fourni. Certes, par moment, il est indéniable que certaines tâches que l’on me demandait d’effectuer, genre recherches pour que des professeurs éminents touchant un salaire plus que raisonnable puissent écrire leurs livres, étaient quelque peu ingrates, surtout sans aucune contrepartie à part mon nom en bas d’une page dans un livre. Mais cela faisait partie du jeu, dont j’avais accepté les règles.

Ainsi, « tout travail mérite salaire » est une expression juste, à condition de préciser ce que l’on entend exactement par « travail » et par « salaire ». Pour ma part, mon salaire était un peu disproportionné mais j’ai très bien accepté cet état de fait.
C’est d’ailleurs certainement le cas de beaucoup de personnes qui exercent des professions dites « intellectuelles ». La plupart des chercheurs, des écrivains, etc. ne sont certainement pas payés en fonction du nombre d’heures incalculables qu’ils passent à étudier, à chercher, à trouver, l’esprit toujours en alerte. Cela se comprend d’ailleurs aisément, mais c’est parfois frustrant surtout quand on sait que certains individus ont tendance à dénigrer le travail intellectuel, le considérant comme un travail de « fainéants ». S’ils prenaient, ne serait-ce qu’une journée, la place de ces « intellos », ils comprendraient peut-être mieux les choses. Ce n’est pas parce que l’on reste assis à réfléchir et à écrire que l’on ne travaille pas. Généralement, les moments de repos total sont très limités.

A côté de cela, pour d’autres professions, où les horaires sont fixes, où les employés sont payés à la tâche, au rendement, là, l’expression « tout travail mérite salaire » a tout son sens. En effet, tout est clair : « si vous produisez 5 pièces, vous serez payé autant ». Dans ce cas, s’il existe une disproportion entre travail et salaire, il faut la dénoncer immédiatement et tenter d’y remédier.

Ainsi, tout est question d’interprétation. Effectivement, « tout travail mérite salaire » mais il est quelquefois difficile de chiffrer exactement le travail fourni. C’est même parfois impossible pour certaines tâches.
L’essentiel est toutefois d’admettre que ce n’est pas parce que l’on fait un travail intellectuel que l’on ne doit pas être rémunéré. Penser, réfléchir, chercher, écrire demandent énormément de temps et d’énergie !

Ce type de travail mérite donc, à un moment ou un autre, de bénéficier d’une contrepartie financière. Il faut bien faire face aux besoins vitaux (manger, se loger, se vêtir, etc.). Toutefois, lorsqu’on entame un travail intellectuel, il ne faut pas se préoccuper en premier lieu la récompense financière, mais donner le meilleur de soi-même, et si votre travail est apprécié, vous pourrez alors en demander une juste rétribution.

Si vous ne pensez pas être rémunéré à votre juste valeur, n’abandonnez pas, continuez à travailler aussi bien et même mieux que vous le faites actuellement. Si vous persévérez vous finirez par être reconnu à votre juste valeur, dans ce travail-ci ou dans un autre. Un jour vous serez récompensé, et selon la « loi de l’intérêt composé », plus çà viendra tard, plus la récompense sera importante, que ce soit en argent sonnant et trébuchant ou en reconnaissance.

Auteur : Katy Gawelik (Docteur en Droit, spécialiste en Développement personnel et en bien-être)


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