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04/02/2011

Les villes modernes, des « machines à habiter »

Voici un extrait du livre du Prince de Galles intitulé « Harmonie » :

 

« Vingt-cinq ans plus tard, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, les municipalités de toute l’Europe se sont emparées des idées de Le Corbusier et de ses disciples modernistes parce qu’elles offraient une solution peu coûteuse à la pénurie chronique de logements. A vrai dire, elles n’ont pas réalisé les dessins de Le Corbusier. Leurs constructions ne comprenaient pas tous les détails qu’il avait intégrés à la tour qu’il avait bâtie dans le sud de la France. Cependant, durant une vingtaine d’années, d’innombrables caricatures laides et bon marché de ses « villages verticaux » ont poussé dans le ciel de l’Europe, la plupart en « préfabriqué », c’est-à-dire par assemblages de panneaux de béton tout prêts, levés et mis en place par des grues. Ces tours étaient conçues comme des « cités », comprenant souvent un centre commercial, lui aussi en blocs de béton. Ces commerces étaient reliés aux tours par de larges avenues souvent traversées d’espaces verts. A la fin des années 1960, rien qu’au Royaume-Uni, 470000 nouveaux appartements de ce type avaient été construits ainsi, très peu par des architectes, mais la plupart par des ingénieurs. Ils représentaient le produit déprimant de la vision complexe et ambitieuse de Le Corbusier – c’étaient en réalité des « machines à habiter » faites entièrement par des machines. Mais très vite, ces villes « modernes » et « nouvelles » ont perdu leur air de modernité pour devenir infernales.

 

J’ai consacré beaucoup de temps et d’efforts, durant les années 1980 et au début des années 1990, à tenter d’attirer l’attention sur les problèmes que représentent ces cités sans âme. Ce qui me préoccupait, c’était le fait que beaucoup de gens logés dans ces culs-de-sac de béton découvraient qu’alors que leur nouveauté s’estompait et que les espaces verts devenaient ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est-à-dire désolés et dangereux comme des terrains vagues, ils vivaient en fait dans des lieux qui leur enlevaient tout sentiment d’appartenance à une communauté, et encore plus à la Nature. Ces cités sont souvent devenues des ghettos violents et inhumains, sans plus de beauté et de nombreux pays se débattent encore avec les problèmes qu’ils créent.

 

Même là où le sentiment communautaire est plus fort, il me semble que, trop souvent, cette approche de l’urbanisme défigure le paysage urbain. Les écoles et les universités, les hôpitaux, les supermarchés et les centres commerciaux sont trop souvent construits en béton et en acier, sur des plans tous semblables, ce qui crée des lieux uniformes, débilitant ainsi le sentiment de bien-être commun parce qu’ils font fi de la grammaire ancestrale et organique de l’harmonie. »

 

N'hésitez pas à visiter le site Katisa Editions http://www.katisa-editions.com

01/02/2011

Recette de la tarte aux cerises de supermarché

Voici un texte de Claude Bourguignon, ingénieur agronome, ancien membre de l'INRA, spécialiste de la microbiologie des sols, membre de la Société américaine de microbiologie, fondateur du Laboratoire d'analyse microbiologique des sols, intitulé la "Recette de la tarte aux cerises de supermarché " :

« Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d'une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu'à l'usine agro-alimentaire. Bon appétit!

Histoire de la Pâte :


Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis.
Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais: 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même !
Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl.
Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique, de la
farine de fève, du gluten et de l'amylase.
Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.
Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème :


La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l'huile.

Les oeufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des :
- antioxydants (E300 à E311),
- arômes,
- émulsifiants: alginate de calcium,
- conservateurs : acide formique,
- colorants : capsanthéine,
- agents liants: lignosulfate
- et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu'elles puissent avaler tout ça.
Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.
Le lait provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
- antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)
- antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),
- émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),
- conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284),
- composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),
- agents liants : stéarate de sodium,
- colorants : F131 ou F142
- et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.
Les huiles, quant à elles, ont été :
- extraites par des solvants comme l'acétone,
- puis raffinées par action de l'acide sulfurique,
- puis lavage à chaud,
- neutralisées à la lessive de soude,
- décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium
- et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.
- Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.
La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).

Histoire des Cerises :


(complété d'après des éléments de "Aromatherapie" Jean Valnet 1990, Maloine)
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
Les cerises sont :
- décolorées à l'anhydride sulfureux
- et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine.
- Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium
- et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d'engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :
- défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux,
- puis décoloré au sulfoxylate de sodium,
- puis raffiné au norite et à l'alcool isopropylique.
- Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.
Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d'ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l'odeur à partir d'éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles – par économie d'échelle - en comparaison du parfum naturel de fruit.
L'exemple développé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d'ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet…etc.
Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques donc à la stéréochimie inversée) suivantes :
- acétate d'ethyle
- acéthyl méthylcarbinol
- butyrate d'isoamyle
- caproate d'ethyle
- caprylate d'isoamyle
- caprate d'ethyle
- butyrate de terpenyle
- geraniol
- butyrate de geranyl - acetylacetate d'ethyle
- heptanoate d'ethyle
- aldéhyde benzoique
- aldéhyde p-toluique
- vanilline
- essence artificielle d'amande amère SAP
- essence artificielle de girofle Bourbon
- essence artificielle de cannelle Ceylan
- essence de lie de vin. »


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28/01/2011

Le financement solidaire, vers plus d’humanité

Micro-crédit, épargne solidaire, crédit associatif, Nef, Sel’idaire, Fondation des Cigales, etc., des financements solidaires philanthropes et sensées.

L’épargne, les crédits, les financements, on peut le trouver auprès des banques, ces mastodontes qui semblent privilégier leurs intérêts avant celui de leurs clients. Depuis quelques années, une alternative est proposée : des sociétés, des associations, des fédérations, des groupes, etc. jouent le rôle des banques mais avec une éthique tout à fait différente.

 

Le financement solidaire, qu’est-ce que c’est ?

 

Ces financiers d’un autre genre ont le vent en poupe parce qu’ils sont plus humains. Ils ne pensent pas seulement « argent » ou « intérêts », ils pensent également « humanité », « solidarité » ou « environnement ».

 

Ces organismes sociaux et humains proposent bien des crédits ou des moyens d’épargner, mais uniquement pour financer des projets solidaires ou environnementaux. Ainsi, si vous décidez de déposer votre argent dans un de ces organismes, c’est dans un but bien précis. Vous ne gagnerez pas forcément d’argent mais vous participerez au financement de projets concrets, bien pensés et utiles.

 

Pour ceux qui ont de l’argent, ils font une bonne action. Ils aident et sont solidaires de ceux qui ne possèdent rien. Ils épargnent différemment en investissant, par exemple, dans l’achat de vaches, de forêts, de zébus, de vignes, etc.

Pour ceux qui n’ont pas d’argent (les exclus du système bancaire), ils bénéficient de financements qu’ils n’auraient pas eu auprès de banques traditionnelles, à condition de porter un projet bien ciblé, autour de la solidarité et de l’environnement. Par exemple, le commerce équitable, la création d’un maraîchage biologique, la fabrication et la vente de couches-culottes coton bio, une entreprise de réinsertion de recyclage, la fabrication de chaussures éthiques

 

Le principe même de ces organismes est l’entraide.

 

Pourquoi un succès de plus en plus croissant ?

 

Tout simplement, parce que les banques traditionnelles rechignent de plus en plus à accorder des prêts, suite à la crise financière.

Ensuite, parce qu’il y a de plus en plus d’individus qui s’intéressent à la préservation de l’environnement et qui ont envie de faire quelque chose pour la planète.

Enfin, parce que la gestion de ces organismes est totalement transparente et que tout le monde – épargnants et emprunteurs – est responsable de la circulation de l’argent. Placés sur un pied d’égalité, ils décident ensemble de tout.

 

 

Avec le financement solidaire, votre épargne a désormais un sens. Il est amené à se développer davantage. Les banques traditionnelles l’ont bien compris, elles commencent à proposer des épargnes solidaires. Mais, le font-elles parce qu’elles sont plus humaines ou tout simplement pour se donner bonne conscience ?

 

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07/01/2011

Les toilettes sèches

Des toilettes écolos de plus en plus sophistiquées

 

Les toilettes sèches sont très tendance. On en parle de plus en plus… la plupart du temps pour s’en moquer d’ailleurs. Mais, c’est un concept qui mérite réflexion, d’autant plus qu’elles se modernisent chaque jour davantage. Alors, à quand les toilettes sèches dans tous les foyers ?

 

 

 

J’ai déjà pratiqué ! J’ai déjà utilisé des toilettes sèches, tout à fait banales, voire rudimentaires : un seau, un coffre en bois avec un trou au milieu et un dessus de toilettes, le tout accompagné d’un autre seau rempli de sciure. Hé bien, cela ne m’a pas déplu du tout. Je n’ai pas trouvé ça bizarre ou impraticable. Les personnes qui m’accompagnaient, un peu moins écolo que moi, n’ont rien trouvé à en redire non plus. Il faut dire que cet usage n’a été qu’occasionnel. Je ne suis pas certaine qu’à long terme, ce soit pareil…

 

Le concept

 

Les toilettes sèches sont, comme leur nom l’indique, des toilettes qui n’utilisent pas d’eau, donc pas de chasse d’eau ce qui laisse envisager des économies importantes.

Le principe de base est simple : vous faites vos besoins dans de la sciure placée dans un seau, sciure que vous pouvez acheter ou récupérer. A chaque fois que vous évacuez votre trop-plein, vous devez mettre de la sciure dessus. Au bout d’un moment, vous serez amené à vider le seau qui vous sert de réceptacle. Dans ce cas-là, il vaut mieux que vous habitiez une maison pour pouvoir mettre ces déchets qui serviront de compost dans votre composteur ou dans votre jardin.

 

C’est précisément le vidage du réceptacle qui semble poser problème à bon nombre de personnes. Celles qui ont un petit cœur ne se sentent pas aptes à aller vider leur seau. Elles ont d’abord peur de l’odeur qui pourrait s’en dégager. Puis, le côté visuel les rebute encore plus. Pour ce qui est du premier point, l’odeur, elles n’ont rien à craindre. Les toilettes sèches ne sentent pas, à condition de mettre suffisamment de sciure. Pour ce qui est du côté visuel, je pense que l’on doit finir par s’habituer. Et, encore une fois, si la sciure est suffisante, vous ne devriez pas voir des horreurs en vidant votre seau. Toutefois, vous ne devriez plus craindre ces désagréments puisque depuis quelque temps, les toilettes sèches ont beaucoup évoluées.

 

Un concept qui a beaucoup évolué

 

Depuis quelques temps, les toilettes sèches ne se composent plus d’un simple seau rempli de sciure. Elles ont beaucoup évolué. Certaines sont en carton recyclable, d’autres ressemblent même à de véritables toilettes. Vous n’avez plus à les fabriquer vous-même. D’ailleurs, c’est préférable puisque la législation française autorise, depuis le décret du 7 septembre 2009 (Section 5), les toilettes sèches dans les maisons individuelles sans tout à l’égout, à condition qu’elles "ne génèrent aucune gêne dans le voisinage". Elles traitent les urines et les matières fécales, soit "en commun" pour former un compost, soit séparément. Dans ce dernier cas, l'urine doit rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux ménagères. Ainsi, le liquide part dans le circuit d’assainissement classique et le solide est utilisé comme compost. Le traitement des urines semble préférable du fait de leur contamination en médicaments et autres résidus en tout genre. Rejetées directement de la nature, elles ne feraient qu’augmenter la pollution. Malheureusement, le décret impose également que le compost produit soit vidé sur une « aire étanche ». Or, tout le monde sait que le bon compostage ne se fait que sur le sol même ! On a donc des progrès à faire en France…

 

Pourquoi ne pas opter pour des toilettes sèches sans sciure ? Elles existent déjà, notamment, en Allemagne et en Suisse, dans des logements collectifs par exemple. Elles sont beaucoup plus élaborées et demandent une installation plus conséquente. Vos matières sont séparées et envoyées directement dans des genres de composteurs, installés dans des cuves, dans des caves où les lombrics exercent leur activité favorite : manger. Au bout de quelques mois, vous récoltez ainsi votre compost et vous pouvez l’épandre dans votre jardin.

 

Si les toilettes sèches vous tentent, essayez-les d’abord.

 

Il se pourrait que vous puissiez en rencontrer dorénavant un peu partout puisqu’il est possible de les louer. Lors de grands évènements, de spectacles, vous aurez peut-être l’occasion d’en faire l’expérience.

Et, si cela vous tente chez vous, renseignez-vous bien avant. La législation évolue rapidement. Prenez aussi la peine de bien étudier les différents types d’installation possible pour qu’elles ne vous causent pas plus d’inconvénients que d’avantages.

 

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24/12/2010

Chant d'une bouilloire

En ce 24 décembre, je vous propose un extrait du conte de Noël de Charles Dickens "Le grillon du foyer".

Vous pouvez télécharger gratuitement le conte en entier sur Katisa Editions http://www.katisa-editions.com à la rubrique "Cadeaux gratuits"

 

"Or, ce fut en ce moment, remarquez bien, que la bouilloire commença la soirée. Ce fut en ce moment que la bouilloire, devenant tendre et musicale commença à sentir dans sa gorge ses glouglous irrésistibles et à se permettre de courts ronflements qu'elle arrêtait dès la première note comme si elle n'était pas encore bien sûre qu'ils fussent de bonne compagnie. Ce fut en ce moment qu'après avoir fait deux ou trois tentatives vaines pour étouffer ses sentiments expansifs, elle secoua toute humeur chagrine toute réserve et laissa échapper tout à coup un ruisseau de notes si gaies si joyeuses que jamais rossignol stupide n'en a conçu la moindre idée. Et si simples aussi vous auriez pu, Dieu merci, comprendre ce chant comme un livre, mieux peut-être que certains livres que vous et moi pourrions nommer. Avec sa chaude haleine s'exhalant en un léger nuage qui montait gracieux et coquet à une hauteur de quelques pieds, puis demeurait suspendu vers l'angle de la cheminée, comme dans son ciel domestique, la bouilloire se mit à poursuivre sa chanson tant de verve et d'énergie, que son corps de fer en bourdonnait et se trémoussait de plaisir sur le feu ; et le cou­vercle lui-même, le couvercle rebelle naguère (tant est grande l'influence du bon exemple), exécuta une sorte de gigue et fit un bruit semblable à celui d'une jeune cymbale sourde et muette qui n'a jamais connu le contact de sa sœur jumelle.

Que ce chant de la bouilloire fût un chant d'invitation et de bienvenue adressé à quelqu'un du dehors, à quelqu'un qui se dirigeait en ce moment vers le bon petit intérieur domestique et le feu pétillant, il n'y a là-dessus aucun doute. Mme Peery­bingle le savait parfaitement, tandis qu'elle rêvait assise devant le foyer.  « Il fait nuit noire, chantait la bouilloire, et les feuilles mortes jonchent le chemin ; au-dessus, tout est brouillard et ténèbres ; au-dessous, tout n'est que fange et boue ; dans l'atmosphère triste et sombre il n'y a qu'un point où puisse se reposer le regard ; encore n'est-ce qu'une lueur d'un rouge foncé et sinistre à l'endroit où règnent le soleil et le vent. Ce n'est qu'un feu rouge dont sont flétris les nuages pour les punir de faire un pareil temps. La vaste campagne, dans toute son étendue, n'est qu'une longue bande noirâtre à l'aspect lugubre. Les frimas couvrent le poteau indicateur. Il y a du verglas sur le sentier ; l'eau n'est pas encore devenue glace, et pourtant elle n'est déjà plus libre ; rien n'a gardé sa forme naturelle ; mais le voilà qui vient, qui vient, qui vient !... »

 

Joyeux Noël à tous

 

 
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