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25/03/2014

Sortie du documentaire Les chèvres de ma mère le 16 avril 2014

Les chèvres de ma mère

 

Le 16 avril 2014 sortira le très beau documentaire de Sophie Audier Les chèvres de ma mère.

Ce film est rempli d'émotions fortes et contradictoires.

C'est une merveilleuse histoire d'amour entre Maguy et ses chèvres mais une histoire triste puisqu'elle doit transmettre son troupeau. Mais c'est aussi un message d'espoir puisque Maguy va transmettre son savoir à Anne-Sophie qui va reprendre la majorité de ses bêtes. Mais, on se met à la place de Maguy et on comprend le déchirement que cela représente pour elle.

Dans ce film, dur et pourtant plein d'amour, on découvre la réalité, la dureté de ce que vivent tous les jours ces éleveurs. D'ailleurs, on sent l'amour  et la fierté qu'à la réalisatrice pour sa mère, le travail qu'elle a accompli, ce qu'elle a réalisé dans des conditions pas toujours évidentes.


La transmission, le parrainage entre Maguy et Anne-Sophie est évoqué sans fards, ni artifice, dans toute la dureté que cela représente, la confrontation entre 2 mondes, 2 époques différentes. Mais aussi dans tous les moments de complicité et d'échanges, par exemple dans leur combat commun pour aider une chèvre à mettre bas.

Les chèvres sont aussi des actrices du film. Elles sont belles, émouvantes, têtues, magnifiques et surtout vraies. Elles sont filmées comme des amies, des membres de la famille. 

La réalisatrice fait aussi partie intégrante du film. Elle est derrière la caméra, elle est la voix off, elle nous montre sa mère mais aussi sa fille ; c'est une partie de sa vie qui est aussi sur la pellicule. Ce sera aussi une sorte de transmission entre la réalisatrice et sa fille Zélie, un témoignage, lorsqu'elle sera en âge de comprendre le film.

Les paysages des gorges du Verdon, splendides l'été et désolés l'hiver sont, eux aussi, importants dans le film, puisqu'ils permettent de ce rendre compte  de la dureté de la région et du caractère fort qu'il faut avoir pour s'y installer.

Bref, un documentaire magnifique mais émotionnellement fort, qui ne pourra pas vous laisser indifférent...

Voici la bande-annonce, pour vous permettre d'attendre jusqu'au 16 avril :

 

 

12/11/2010

Film Severn de Jean-Paul Jaud

severn.jpg

Mercredi 10 novembre est sorti le nouveau film de Jean-Paul Jaud « Severn ».

Voici une interview du réalisateur, extraite du dossier de presse :

 

« Dans votre nouveau long-métrage, Severn, la voix de nos enfants, vous abordez des thématiques que vous aviez déjà abordées dans Nos enfants nous accuseront.

En juin 2008, juste avant la sortie du film Nos enfants nous accuseront, j’ai découvert le discours de Severn. Celui-ci m’a bouleversé par sa force et son contenu. C’était la première fois qu’une enfant s’adressait à la planète entière et alarmait l’humanité. J’ai trouvé que du haut de ses 12 ans,

Severn avait une conviction et une force que beaucoup d’adultes n’ont pas. J’ai immédiatement voulu la retrouver, je souhaitais savoir ce qu’elle était devenue.

Lorsque nous l’avons eue au téléphone la première fois, elle nous a annoncé qu’elle était enceinte. Le cri d’alarme de Severn de 1992 prenait alors encore plus de sens à mes yeux.

En quoi le long-métrage Severn, la voix de nos enfants est-il une suite à Nos enfants nous accuseront ?

Nos enfants nous accuseront se penchait beaucoup sur l’alimentation et notamment celle des jeunes générations. Pour bien se nourrir, il est important d’avoir une agriculture saine, il est donc nécessaire que notre politique agricole évolue. Je voulais que ce second volet aborde, d’une part, la thématique de l’agriculture notamment par le riz, aliment le plus consommé sur la planète et montre, d’autre part, des initiatives enrichissantes et concrètes.

Comment avez-vous retrouvé Severn ?

Cela n’a pas été évident : Severn est une jeune femme qui se préserve beaucoup, elle peut rester des longues semaines sans ouvrir son ordinateur et vérifier ses mails. Elle part très souvent avec son mari qui est garde du parc national de Gwaii Haanas pour se retrouver tous les deux en immersion totale dans la nature. Greenpeace Québec nous a aidé à retrouver sa trace et à nous mettre en relation avec elle. Après, tout s’est enchaîné rapidement.

Lors du tournage, Severn a 29 ans et attend son premier enfant ; elle tient le même discours qu’en 1992. Pourquoi ?

Pour moi, les choses ont finalement très peu évolué, voire même régressé. Néanmoins, on sent que depuis 1992, il y a une prise de conscience très forte quant à la nécessité de faire évoluer la situation. Celle-ci s’est faite grâce aux ONG, aux militants, aux associations, etc. qui, depuis 20 ans, oeuvrent sur le terrain pour que les mentalités changent. Maintenant, il est temps de passer à l’action. Ce second volet est vraiment là pour reprendre une phrase forte de Severn : « Make your actions reflect your words » (« Faites que vos actes reflètent vos mots »).

Dans Severn, la voix de nos enfants, votre vision du monde est duelle. Vous montrez les comportements et désastres engendrés par l’Homme et vous êtes en même temps résolument tourné vers l’avenir.

Nos enfants nous accuseront était un constat dur mais réel de la situation, un moment de vérité. Dans ce second volet, je souhaite montrer que l’on peut agir, qu’il y a partout dans le monde des hommes et des femmes, soucieux de l’environnement, qui portent des actions concrètes et réussies. Tel paysan au Japon qui a su mettre en place une riziculture saine, tel paysan en France qui travaille son domaine sans pesticide, etc.

Le long-métrage, en s’arrêtant au Japon, en France et au Canada, apporte une vision internationale sur des initiatives menées par des particuliers et des institutionnels. Etait-ce une réelle volonté de votre part de montrer que des choses se passent un peu partout dans le monde ?

Le discours de Severn s’adresse à toute la planète. Je me devais moi aussi d’avoir ce regard international. Le constat est partout le même : tous les pays ou presque, souffrent de ces sols morts et d’une agriculture intensive. Je me suis arrêté volontairement au Japon, en France et au Canada, parce que pour moi ces trois pays sont emblématiques de leurs continents.

Dans le film Severn, la voix de nos enfants, les notions de lien intergénérationnel, de transmission aux enfants, sont extrêmement présentes. Ces thématiques vous sont-elles chères ?

L’Homme est sur la planète pour transmettre un savoir. Si l’Homme a évolué depuis toutes ces générations, c’est parce qu’avant tout il transmet son savoir. Il devient urgent de transmettre une terre saine à nos enfants, car c’est elle qui va les nourrir et les faire grandir.

La musique tient une place importante dans votre long-métrage (tant au niveau des séquences visuelles qu’au niveau de l’illustration sonore), était-ce un point très important pour vous ?

Le spectateur doit être plongé dans le film dès les premières minutes. Au cinéma, la musique joue un rôle prépondérant pour l’y emmener. Concernant les séquences musicales de Severn, la voix de nos enfants, nous avons souhaité que les interprètes soient présents à l’image parce qu’ils s’inscrivaient naturellement dans leur environnement. Au Japon, les trois femmes qui jouent du taiko (percussions japonaises) ont une telle force, qu’à l’écran leurs gestes semblent représenter toute la rage portée dans le discours de Severn. Nous avons l’impression de voir des guerrières. Au Canada, cette femme indienne qui joue du tambour est emblématique de la culture Haïda. Enfin, comme je tenais à garder un fil conducteur musical avec mon précédent film, j’ai demandé à Gabriel Yared de jouer la mélodie de « Mohira », mélodie imaginée pour Nos enfants nous accuseront.

Y a-t’il une anecdote, une rencontre, un moment particulier lié au film que vous aimeriez partager avec nous ?

Ma rencontre avec Severn a été un moment très particulier. Avant de la rencontrer, j’avais très peur, notre équipe était là, nous n’avions pas fait de repérage, je n’avais vu d’elle que quelques photos, nous ne savions pas ce qu’elle était devenue et ce qu’elle souhaitait nous dire. Nous n’avions échangé que par email ou par téléphone. Nous l’avons rencontrée un matin sur un quai de Queen Charlotte City, elle m’est apparue splendide, pleine de grâce. C’était une image magnifique. En quelques secondes, j’ai su d’évidence qu’elle serait le personnage central du film.

Quelle est la signification du Balance Rock sur l’affiche du long-métrage de Severn, la voix de nos enfants ?

Balance Rock est l’une des merveilles spirituelles d’Haïda Gwaii. C’est une grosse roche laissée après la fonte des neiges pendant la période glacière. Plusieurs milliers d’années plus tard, le rocher tient toujours parfaitement en équilibre sur un autre rocher, surveillant les côtes de Skidegate. Le meilleur moment pour contempler Balance Rock est à marée basse. Certaines personnes considèrent

Balance Rock comme étant le centre de la spiritualité. C’est l’une des nombreuses forces naturelles en activité à Haïda Gwaii, réussissant à défier les tempêtes, les vents et l’océan pacifique.

Le prochain Sommet de la Terre, prévu en 2012, devrait se tenir à Rio. Vingt ans après, si vous deviez interpeller les plus grands dirigeants du monde, que leur diriez-vous ?

Ce nouveau Sommet de la Terre doit justement avoir pour thème principal l’émergence d’une « économie verte » et le renouvellement d’engagements internationaux, qui occupent une place de plus en plus importante dans l’agenda politique mondial. À cet instar, je dirais aux dirigeants exactement la même chose que ce que Severn leur a dit en 1992 : « Arrêtez de faire pleurer les enfants la nuit et faites que vos actes reflètent vos mots! »

De plus en plus de documentaires environnementaux sont produits pour le cinéma. Selon vous, d’où vient cet engouement ?

Le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange, a confirmé la force du cinéma à toucher profondément le public et a renforcé ma conviction de cet impact cinématographique. Nos enfants nous accuseront, tout comme les films de Yann Artus-Bertrand, de Nicolas Hulot ou de Coline Serreau ont rempli les salles de cinéma et ont généré de véritables prises de conscience auprès des spectateurs. Au cours des débats animés à l’issue des projections, il m’arrive souvent de demander au public quel est leur film préféré et où ils l’ont vu. Même si la télévision diffuse des chefs d’oeuvre, les spectateurs répondent inexorablement : « Au cinéma ! ». La preuve irréfutable que le cinéma pénètre en profondeur le spectateur… »

Retrouvez plus d’infos sur le film, ainsi que la bande annonce sur http://www.severn-lefilm.com/

 
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