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08/07/2010

Cantine scolaire : du pire et du meilleur

J’ai appris récemment qu’une petite commune allait changer de fournisseur pour sa cantine scolaire. Je me suis dit tout de suite : chouette, ils vont enfin passer au bio ou tout au moins tendre vers le bio. Hé bien non ! Quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre qu’ils envisageaient de prendre le fournisseur des restaurants d’autoroute. Et, l’argument principal avancé est que c’est moins cher. Attention, ils n’ont pas dit meilleur !

Ce choix du moins cher ne se fait-il pas au détriment de la qualité des aliments proposés aux enfants ? Peut-être que je me trompe, peut-être que les fournisseurs d’autoroute travaillent des aliments de premières qualités, sans cochonneries, qu’ils n’utilisent pas d’huile de palme, de gras-trans, de sirop de glucose, de viande nourrie aux antibiotiques, qu’ils utilisent des légumes sans pesticides, etc. Si c’est le cas, tant mieux, je suis rassurée. Dans ce cas-là, la municipalité a fait le bon choix.

Mais, je n’en suis pas vraiment convaincue. A partir du moment où l’argument économique est mis en avant en premier, c’est forcément que la qualité, la santé, le goût passent au second plan. Et, là, c’est dommage parce que si l’on commence à mal nourrir les enfants, ils finiront par subir toute sorte de désagréments qui iront de l’obésité aux cancers. Et, là, je ne parle pas dans le vide : des études scientifiques sérieuses ont prouvé que l’alimentation avait un lien avec la santé. Par exemple, les pesticides sont à l’origine de cancers.

Fort heureusement, certaines municipalités de France ont bien compris que ce qui primait avant tout était la santé des enfants. Il suffit de regarder le documentaire de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront » (disponible en dvd), pour se rendre compte des dangers d’une mauvaise alimentation sur la santé des enfants notamment. Ce film raconte l’histoire d’un village des Cévennes dont le maire a décidé de passer sa cantine en bio. Il ne l’a pas fait pour être à la mode, pour faire écolo mais parce qu’il a constaté autour de lui une augmentation des cancers chez les enfants. Et, après quelques recherches, il a vu que ces derniers (dans 40 % des cas) étaient dus à l’alimentation. Donc, CQFD : il a décidé de passer sa cantine au bio pour fournir aux enfants une nourriture plus saine et protectrice de leur santé. Il a expliqué sa démarche aux habitants. Les sceptiques qui argumentaient que cela allait être trop cher, que le bio c’est pas meilleur, etc. ont fini par céder. Finalement, la majorité a été conquise et les enfants ne s’en portent que mieux. Certains parents se sont mêmes mis au bio, surtout qu’il existe une production locale qui permet d’avoir le bio à moindre coût et qui permet de faire vivre les agriculteurs bios du coin.

Cette municipalité des Cévennes n’est pas la seule en France à avoir pris cette initiative. A chaque fois, ce n’est pas facile mais à force de persévérance, d’arguments et de bon sens, les choses tendent à évoluer. La plupart du temps, les municipalités ne sont pas passées au « tout bio ». En 2010, seulement 7 municipalités proposent au 20 % d’aliments bios dans sa cantine. C’est très peu, mais c’est mieux que rien…

Récemment, la municipalité de Saint-Nazaire a eu une démarche un peu originale : elle a proposé un repas végétarien par semaine aux enfants. Mais cela a suscité un tollé chez les agriculteurs et les éleveurs. Ils y ont vu une concurrence déloyale, un acte militant extrémiste. Ils ont rejeté en bloc l’argument de la municipalité qui avait expliqué aux enfants et aux parents que l’élevage avait des répercussions fortes sur l’environnement (gaz à effet de serre, déforestation…) (cf VegMag juillet/août 2010) Ce qui est rassurant dans cette affaire, c’est que les enfants, eux, ont été ravis !

Comme vous le voyez, changer les habitudes alimentaires dans les cantines n’est pas chose facile. Mais, il faut que les municipalités persévèrent, surtout qu’il existe des moyens de proposer de la bonne nourriture pour un peu plus cher, que cela fait marcher l’agriculture locale. Il suffit d’expliquer aux parents, aux enfants les dégâts que peut faire une mauvaise alimentation sur leurs enfants et, s’ils ne sont pas bornés, ils applaudiront des deux mains.

Il en va de la santé de nos enfants, de vos enfants. Alors battez-vous. Faites pressions sur vos municipalités pour qu’elles proposent du bio dans les cantines. C’est un acte citoyen. Comme le dit si justement le film de Jean-Paul Jaud : « Nos enfants nous accuseront » !

 

 

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